Le sauvetage

16 août 2019

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Bivouac
Bivouac

Infos route: 20 kms à pieds, 10 en voiture et 30 en UAZ ...  

Compte tenu des événements peu ou pas de photos ont été prises .... la rédaction vous prie d'accepter ses excuses...

5h30 du matin. lever, en fait ça fait un moment que personne ne dormait mais partir dans le noir c'est pas top. On s'est forcé à manger. Les garçons ont pris les barres de céréales, des fruits secs et de l'eau + le GPS.

Les filles sont restées au campement et tentent de faire sécher toutes les affaires.

L'expédition des garçons, départ 6h.

Jusqu'au village il y a 32 kms, soit 6 heures minimum d’un pas soutenu, vu l'altitude. 

D'abord il a fallu traverser des bras de la rivière, partiellement gelés.

Ensuite on va marcher directement, au cap, avec des passages sur piste.

Ça monte … ça descend … ça monte … ça descend … à chaque fois on pense que le prochain coup on verra le village et qu’on avance plus vite qu’on ne pensait, mais le GPS, inflexible nous ramène à la réalité. On se force à ne pas aller trop vite non plus, boire et manger régulièrement.

A un moment donné il faut faire un choix : soit on continue vers le village (encore 20 kms) soit on pique à travers pour rejoindre plus vite la Pamir Highway qui est à 6 kms. En revanche il faut être sûr qu’il y ait une voiture qui passe et s’arrête. On prend le risque …  

Dès qu’on a en visibilité la route on scrute, ben il n’y a pas beaucoup de voitures, sur une heure on n’en verra que 3. Alors qu’on n’est plus qu’à 300 mètres de la route on voit une voiture arriver, on court en faisant de grands signes, ils acceptent de s’arrêter et de nous prendre.

C’est une famille Kirghize qui retourne chez elle, ils sont déjà 6 ou 7 dans le 4x4, mais tout le monde se serre et on y arrivera. On discute un peu avec eux, la fille parle Anglais. Ils nous déposeront 15 kms plus loin, à Karakul.

On se rend à la Gueshouse, c’est là qu’il y a le plus de chance de trouver quelqu’un qui puisse nous comprendre.

On se présente et on discute avec la patronne. Pas de véhicule dans le village, le seul UAZ est en panne et de toute façon personne ne sait le conduire. La seule solution selon elle, c’est d’attendre le retour de son mari qui est allé amener des clients à Och. Il viendra bientôt.

Ok, on se pose et on souffle. On en profite pour discuter avec deux touristes (Allemandes). On voudrait appeler l’agence mais pas de réseau, ou du moins personne n’a de carte permettant de téléphone au Kirghizistan, ni les touristes ni la patronne (dit-elle).

Pas de courant, donc pas de WhatsApp ou mail (le groupe électrogène n’est allumé qu’en fin de journée par le mari de la patronne).

Au bout d’un moment je relance la patronne … ok il y a bien un Russe qui habite à 20 kms et qui a un UAZ, elle va se renseigner …

Au bout d’un moment elle revient, c’est possible mais faut qu’on fasse une proposition financière et elle transmettra. Je propose 100 $, ce qui représente presque un mois de salaire… en fait c’est ça qui l’embête, elle aurait préféré que ce soit son mari et que ce soit eux qui se mettent l’argent dans la poche. Il faut savoir que la vie est très dure là-bas et comme la vie ne leur fait pas de cadeau ils n’en font pas non plus.

 

Entre temps on loue une chambre pour la nuit et on convient d’accompagner les Allemandes pour louer un taxi. Elles avaient du mal à motiver quelqu’un pour les véhiculer car elles n’étaient que 2, maintenant qu’on sera 6 ça devrait être plus simple … même s’il n’y a aucune fiabilité au niveau taxi …

 

Entre temps un groupe de touristes arrive avec 2 4x4, un guide et un chauffeur. Le guide facilitera les échanges et nous aidera bien.

L’UAZ arrive enfin, conduit par un authentique Tadjik. Par l’intermédiaire du guide il nous explique que le problème était de trouver des câbles et il voulait savoir combien de kilomètres il y avait à faire car il n’a pas beaucoup d’essence. On lui explique où est le véhicule, il a l’air de voir où c’est.

On demande au guide de nous accompagner, mais il refuse, ne pouvant laisser ses clients seuls, en revanche il est d’accord que son chauffeur nous accompagne … moyennant finance bien sûr.

 

Il est 12h30 … C’est partiii. JF dans la cabine avec la musique à tue temps et Christophe dans la benne. Il roule à tombeau ouvert, pas sûr qu’on arrive entier.

 

La piste n’est pas toute simple, surtout sur la fin, mais pour un UAZ c’est un jeu d’enfant.

 

Jonction avec les filles à 13h !!!!

Pendant ce temps chez les filles :

Il fait un vent terrible et on est obligée de s’enfermer chacune dans notre tente. On a peur qu’elles ne s’envolent. Vers 10 h, un homme vient nous voir avec ses 2 chiens, il s’incruste, fait sécher son sur-pantalon (il est allé voir la voiture) nous offre du thé et des beignets. On lui donne une barre de céréales et il s’enfile le reste de la bouteille de vin (celle qui ressemble à de la liqueur restant de l’anniversaire de Christophe). Plus tard une voiture s’arrête et des jeunes veulent nous aider. L’un d’eux emprunte les chaussures de Christophe (on ne les reverra jamais). On leur explique que nos maris sont partis chercher du secours, alors ils attendent. Bientôt, on voit arriver un UAZ avec un plateau à ridelles à bétail, c’est eux !

Le Tadjik sort ses câbles, attache la voiture, moi au volant et hop ....

Ben non, pas hp ... le câble casse, il refait un noeud et hop ..

Re casse, il cassera comme cela plusieurs fois ses câbles.

Pour moi c'est normal il tire trop brusquement et uniquement avec son véhicule il n'y arrivera pas. Par l'intermédiaire du chauffeur je leur explique qu'il faut aller plus doucement et tirer avec l'UAZ et le 4x4 en même temps.

En fait le soucis c'est que le chauffeur de l'UAZ ne veut pas partager l'argent avec les autres ... mais pas le choix, tout seul il n'y arrivera pas.

On attache les deux véhicules, on tire ... re-casse ...

Mais l'essai suivant sera le bon, notre 4x4 est dehors ... ouf !.

JF récupère l’iPhone de Catherine qui a passé toute la nuit et la matinée dans l’eau. Bizarrement, il a l’air de fonctionner (mais il rendra l’âme plus tard).

Ensuite, on plie les tentes et on met tous les bagages dans la bétaillère avec les femmes et l’homme qui en profite pour rentrer au village. JF et Christophe vont dans la voiture qui est remorquée par les jeunes ...

Ca c'est la théorie, mais entre la pratique et la théorie il y a ... le porte-monnaie.

En effet tout d'un coup les 100 $ c'est juste pour tirer le 4x4 hors de l'eau, mais pas le ramener au village, pour ça c'est encore 100 $ et comme c'est le 4x4 des jeunes qui doit nous tirer les 100 $ c'est pour eux ... comme ça le chauffeur de l'UAZ n'a pas à partager ... pas folle la guêpe.

Bon la pratique a rejoint la théorie et c'est partii.

Quand ça monte ils nous tire et quand ça descend on détache notre 4x4 et on descend en roue libre.

Les filles n'iront pas beaucoup plus vite, en chemin il y aura pause prière.

Enfin on arrive au Homestay, on paye tout le monde et on se détend enfin.

On finira l'après-midi tranquille ici.

En fin de journée lorsque le groupe électrogène est enfin allumé je pourrais enfin joindre l'agence qui a organisé le voyage, mais lui botte en touche et nous renvoi vers le loueur. 

Bon je ne vous cache pas que le loueur n'est pas content. Il veut qu'on rentre nous-même avec la voiture et qu'on n'a qu'à se débrouiller. Je lui explique que j'ai bien essayé mais le 4x4 ne redémarre pas, avec une autre batterie il a frémi, mais pas démarré.

Je lui dit que nous voulons partir demain pour Och, il n'est pas d'accord, il veut qu'on reste avec la voiture car entre temps il a trouvé quelqu'un qui veut bien rapatrier la voiture jusqu'à Och au prix de 1.500 $ qui seront à notre charge.

J'accepte de payer, dans ma tête ce sera une dépanneuse, en fait c'est des Tadjiks qu'il a joint et qui acceptent de tirer le 4x4 avec le leur jusqu'à Och (soit 280 kms avec plusieurs cols à plus de 4.000 mètres) c'est sûr que ça n'est pas simple.
 

La soirée est sympa, la voiture est dans la cour. On passe une bonne nuit.

 

Globalement j'estime que nous avons bien géré tout ça, sans se fâcher, sans stress excessif ... l'expérience Africaine a servi et je suis beaucoup plus zen fasse aux imprévus, les mots clés étant calme et patience ... et ne pas vouloir tout régler en une fois, on règle un problème après l'autre ...

 

Homestay Aigerim

39°00'49.9 N

73°33'43.2 E

Altitude 3.930 m

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